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8 Novembre 2004 – “Memento Goulag”

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Memento Gulag. La prezidiu Vito Grasso, în primul rând Irina Boulin Ghika, Ion Vianu, Annie Bentoiu, Stephane Courtois, Darion Fertilio, Vladimir Bukovski, Armand Gosu, Ticu Dumitrescu

Le lundi, 8 novembre 2004, a eu lieu à Bucarest la conférence internationale « MEMENTO GOULAG. Journée d’étude sur la répression communiste ». Ce sont Vladimir Bukovski et l’organisation « Comitatus pro Libertatibus » qu’il dirige et dont le secrétaire est le journaliste italien Dario Fertilio, qui ont proposé le 7 novembre en tant que journée symbolique, afin de commémorer les victimes du Goulag. En 2003, la cérémonie commémorative a eu lieu le 7 novembre, à Rome. L’édition de cette année a eu lieu à Bucarest, le 8 novembre (premier jour non férié, après le 7 novembre), et a été organisée par l’Institut Italien, par la Fondation Academia Civica, par le Mémorial des Victimes du Communisme et de la Résistance-Sighet et par le « Comitatus pro Libertatibus ». A ce débat, ont été présents, en tant qu’invités spéciaux, Vladimir Bukovski, le célèbre dissident soviétique, et Stéphane Courtois, auteur et coordonnateur du Livre noir du communisme.

Programme

  • 09h30
    • Ouverture des travaux
      Ana Blandiana, présidente de la Fondation Academia Civica
      Professeur Vito Grasso, Directeur de l’Institut Italien de Culture, de Bucarest
    • Vladimir Bukovski, En attendant un Nurnberg
    • Romulus Rusan, La chronologie et la géographie du Goulag roumain
      Stéphane Courtois, Lénine, le fondateur du totalitarisme
    • Constantin Ticu Dumitrescu, Ce qu’on s’est donné pour but par le projet de loi pour la dénonciation de la Securitate, promu dans le Parlement roumain entre 1993 et 1999, les modifications apportées à ce projet et comment on est arrivé à un résultat contraire aux buts initiaux
    • Film Le Mémorial de Sighet (19 minutes Projection DVD)
  • 16h00
    • Dario Fertilio, La faucille et la svastika
    • Dorin Dobrincu, La répression des paysans en Roumanie
    • Dr. Ion Vianu, Les asiles psychiatriques, instruments de répression des opposants politiques
    • Evocation 8 novembre 1945
    • Débats
  • 19h00
    • Bénie soit, prison un film de Nicolae Margineanu, d’après le livre autobiographique de Nicole Valery–Grossu

La Fondation Academia Civica a présenté lors de cette session de communications, dont elle a été la coorganisatrice, quelques nouveautés éditoriales, consacrées à la semaine „Memento Goulag” (7-15 novembre 2004). Il s’agit d’un journal de déportation, tenu pendant 1951 (Travaux et jours dans le Baragan, d’Elena Spijavca), d’un volume d’histoire orale (Loin, en Russie, à Stalino, édité en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert), d’un volume de documents signé par Andrea Dobes, Gh. M. Barlea et Robert Furtos (La collectivisation dans le Maramures), d’une reconstitution de la manifestation du 15 novembre 1987, de Brasov (Une journée d’automne, jadis…), du « journal secret » de l’architecte Gheorghe Leahu (Architecte à l’« époque d’or »), d’une synthèse de la violation des libertés religieuses dans l’URSS (Aux tréfonds de l’abîme, par Sergiu Grossu) et de la traditionnelle « transcription » des travaux de l’Ecole d’Ete, tenue en juillet, au Mémorial Sighet, en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer et avec le Bureau d’Information du Conseil de l’Europe de Bucarest (L’Ecole de la Mémoire – 2004). Par la même occasion, ont été offerts, aux stands des librairies de Bucarest, d’autres livres édités par la Fondation Academia Civica, au prix symbolique d’un euro (40 000 ROL).

Conférence de presse Le recensement de la population concentrationnaire de Roumanie (1945-1989) le 7 novembre 2005 Le Centre International d’Etudes sur le Communisme travaille depuis plusieurs années à un RECENSEMENT DE LA POPULATION CONCENTRATIONNAIRE DE ROUMANIE, DANS LES ANNEES 1945 ET 1989. Le recensement consiste dans le traitement informatique et statistique de plus de 90 000 fiches matricules d’incarcération, représentant plus de 70 000 anciens détenus politiques. Le lundi, 7 novembre 2005, le Centre d’Etudes a organisé une conférence de presse à l’intention des médias et afin de mettre à la disposition de la Présidence de Roumanie des preuves objectives, nécessaires à la condamnation officielle et publique du communisme. A cette conférence de presse ont participé tant des membres du Conseil Scientifique du Centre d’Etudes et des collaborateurs du projet, que Mme Mariana Nitelea, directrice du Bureau d’Information du Conseil de l’Europe à Bucarest, qui a témoigné une fois de plus de l’intérêt du CE quant au traitement critique du passé communiste et, tout particulièrement, quant au Mémorial des Victimes du Communisme et de la Résistance. La rencontre a été ouverte par Mme Ana Blandiana, présidente de l’Academia Civica et du Mémorial. Par la suite, Ioana Boca a présenté quelques données statistiques, tandis que Romulus Rusan, directeur du Centre International d’Etudes et initiateur du projet, a fait quelques observations en marge du matériau à l’étude, qui, si l’on prenait en compte uniquement le nombre minimum d’un million de détenus politiques, représenterait, pour 45 ans de communisme, un échantillon de travail plus que significatif, à utiliser à des fins statistiques. Des lacunes dans l’information interviennent uniquement aux chapitres « morts en détention » et « détenus administrativement » (c’est-à-dire sans procès). Elles s’expliquent par l’obssession pour le secret, typique du régime communiste. Les dates présentées au public – a précisé Romulus Rusan – ont une valeur strictement orientative ; les résultats d’un travail mené avec des méthodes statistiques ne seront publiés que dans une année, en tant que première étude objective et incontestable de la répression communiste. Laurentia Pantazescu, Gabriel Grecu et Ciprian Dumitrache, collaborateurs du projet, ont émis quelques avis subjectifs sur les informations stockées dans la base de données. L’académicien Serban Papacostea, le professeur Neagu Djuvara, Rodica Coposu, Flavia Balescu, Constantin Avramescu et le metteur en scène Nicolae Margineanu ont évoqé quelques figures emblématiques de la résistance anticommuniste dans la Roumanie des années 1950, dont les fiches de détention avaient préalablement été présentées à l’assistance. L’événement s’est déroulé sous le signe de la Journée Internationale du Goulag, établie il y a trois ans par l’organisation « Comitatus pro Libertatibus », dont le directeur est Vladimir Bukovski. Par ailleurs, le fameux dissident russe a transmis à cette occasion un message, où il dit, entre autres :

« Aujourd’hui, le 7 novembre, dans bien des pays du monde, tant de l’Orient que de l’Occident, les gens se rassembleront pour commémorer l’un des phénomènes les plus sombres de notre vie – le GOULAG. Je parle de « notre vie », et non pas de notre passé, parce que, pour bien des nations, le GOULAG est toujours une réalité qui perdure. En Chine et au Cuba, en Corée du Nord et au Vietnam, les gens vivent encore ce cauchemar, en attendant à tout moment qu’ils soient conduits au pays sans espoir, ou bien ils prient pour ceux qui s’y trouvent déjà. Quand nous disons « MEMENTO GOULAG! », nous pensons également à eux. Aujourd’hui nous nous sommes réunis afin de commémorer le Goulag et nous le faisons au nom d’un très grand nombre de personnes. Au nom de ceux qui ont vécu le Goulag – morts ou vivants –, de ceux qui le vivent encore et de ceux pour lesquels il est possible qu’ils le vivent, au nom de tous ces gens, nous nous adressons à l’humanité entière, afin de la prévenir. Dans beaucoup de pays, les gens se rassembleront aujourd’hui pour allumer une bougie, pour murmurer les noms des parents et des proches qui sont morts, pour prier, pour pardonner et pour espérer. Rien ni personne ne peut nous en empêcher. Le monde entier peut nous traiter d’indifférence, les « élites » autoproclamées peuvent nous être hostiles, ils ne pourront pas nous empêcher de dire MEMENTO GOULAG! »

Par la suite, la presse a amplement souligné l’importance du projet : la revue 22 et les journaux Cotidianul, Adevarul, Curentul, Romania Libera (« 93 000 preuves pour Traian Basescu »), les programmes d’actualités de la TVR, du TVR Culturel et du TVR International, les émissions d’actualités de la Radiodiffusion Roumaine et de la BBC. Quelques jours plus tard, le thème a été repris par Mircea Dinescu, dans son éditorial de Gandul et dans une émission de Realitatea TV.