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Fiche d’incarcération: Aristina Pop

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Aristina Pop

Née le 13 mai 1931, à Lapusul Românesc. Le garde-forestier Nicolae Pop, de Lapusul Românesc, a dirigé le groupe de résistance des Montagnes de Tibles. Réfugié dans les montagnes, en 1949, Nicolae Pop a eu à ses côtés son fils Achim et sa fille Aristina. Il est frappé de paralysie le 1er mars 1953 et il est abandonné, selon sa propre volonté, au bord de la route, aux alentours du village Poiana Botizii. Un habitant le trouve et l’emmène à la police, où il est pris en charge par la Securitate. Grièvement malade, il meurt peu après.

Achim Pop (né le 14 mars 1927, à Lapusul Românesc) est arrêté en 1953 et condamné à 22 ans de travaux forcés.

Aristina Pop est arrêtée en 1953 et condamnée à 20 ans de travaux forcés. Elle est accusée d’avoir œuvré au sein d’une organisation contrarévolutionnaire. Elle a été déclarée « droit des peuples », pour avoir, avec ses parents, protégé des enfants juifs contre la persécution et la déportation. Aristina Pop, mariée Saileanu, vit présentement à Bucarest et a été enregistrée dans le département d’histoire orale de notre fondation.

 

« Je suis née à Lapusul Românesc, dans le département de Somes, le 13 mai 1931, dans une famille de paysans. Nous étions neuf enfants, dont cinq sommes encore en vie. Nous habitions à 14 km de la commune. C’est là que nous avions une maison de bois, avec deux chambres, une cuisine d’été, également avec deux chambres… une remise, des étables, des porcheries, des poulaillers, c’était un beau ménage. Mes parents étaient très travailleurs. Mon père était garde-forestier. (…) Ce qui s’est passé – à un moment donné, j’ai regardé en bas et j’ai vu que, à peu près vers l’heure du midi, le champ d’en bas s’était peuplé de soldats. Quand j’ai vu cela, j’ai eu peur, j’ai fait garder mon frère, le plus jeune, par ma tante et je suis allée au moulin, dans la forêt, afin de prévenir mon père : « Mon père, que dois-je faire, des dizaines d’agents de Securitate arrivent, ils sont … il y en a plein partout ». Mon père m’a dit : « Viens avec moi. Viens ici ». J’ai pris le chemin de la forêt, je suis allée le rejoindre. Je suis partie avec mon père. L’armée est venue, les soldats ont battu ma tante, mon petit frère a beaucoup pleuré, tout le monde qu’il a vu… il y avait beaucoup de monde, des gens qui rentraient du travail, des travaux des champs… il y avait des gens chez nous aussi, à la maison, qui travaillaient pour nous, ils ont emmené tout le monde, ils les ont tous battus…. (…) Mon frère était à la bergerie, et lorsque les soldats s’y sont rendus, ils ont demandé quel est le fils de Pop. Et alors les bergers lui ont dit : « Voilà, Achim, c’est la Securitate, qui demande pour toi ». La bergerie était dans la forêt et alors il a pris la fuite (…) Il nous a trouvés, moi et mon père, et nous sommes restés ensemble. Vous imaginez la peine de ma mère. Et l’armée qui nous traquait toujours, dans les montagnes. C’est ainsi que nous avons vécu quatre ans… ».

Aristina Pop, parlant de son père, Nicolae Pop : « La Securitate est venue, ils n’ont pas voulu croire qu’il était malade et qu’il ne pouvait pas parler, ils ont dit qu’il ne voulait pas parler, et alors l’un d’entre eux l’a frappé avec la crosse du fusil dans le visage, il y a eu du sang, qui a coulé de son nez et de sa bouche, vous imaginez, je crois que c’est ce qui lui a causé la mort. Dès lors, je ne sais plus rien ; la Securitate l’a emmené, il se peut qu’il soit mort, je ne sais pas où il est enterré, mais je tiens à préciser qu’il a été un homme extraordinaire, qui s’est sacrifié lui-même et qui a sacrifié toute sa famille pour le bien d’autrui. Il n’a point été égoïste, je vous le dis, il a été un modèle »

(fragments d’une interview qui se trouve dans l’Archive d’Histoire Orale du Centre Internationnal d’Etudes sur le Communisme du Mémorial de Victimes du Communisme et de la Résistance)

 

Fiche d’incarcération:

 

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